Victor Hugo - L'Homme qui Rit
N'étant pas un grand amateur de Victor Hugo, j'avais quelques apréhensions en commençant ce livre. Apréhension qui se sont vites envolées et ont fait place à du plaisir, pour les raisons qui vont vous être exposées ici.L'auteur
On ne le présente plus. Sûrement l'un des plus grands écrivains français, Victor Hugo (1802 - 1885) fut un auteur des plus prolifiques : romans (Notre-Dame de Paris, Les Misérables), pièces de théatre (Ruy Blas) et poèmes, avec Les Châtiments où il fustige notamment un Second Empire qui l'a contraint à l'exil. C'est durant cet exil que fut écrit L'Homme qui Rit. Cela se ressent d'ailleurs dans la description du personnage de Lord Clancharlie père, exilé lui aussi.
L'oeuvre
Une première chose qui marque dans L'Homme qui Rit est que cet ouvrage tient plus du roman d'aventure que les autres oeuvres de l'auteur. L'action y est très présente, avec notamment l'épisode du naufrage au début. L'histoire y est racontée de manière très prenante, et Victor Hugo réussit sans problème à tenir son lecteur en haleine. Les longues descriptions propres à l'auteur passent ici très bien (à titre personnel, j'avais eu plus de mal à les supporter dans Les Misérables, mais cela dépend de la sensibilité de chacun). Elles nous donnent d'ailleurs la majeure partie du temps de nombreux détails sur l'Angleterre du XVIIIe siècle.
En quelques mots, ce récit nous raconte la vie de Gwynplaine, enfant abandonné à 10 ans sur une presqu'île du sud de l'Angleterre. Ceux qui l'ont abandonné : des brigands qui l'ont mutilé au visage, y laissant un abominable sourire figé. Au fil de l'histoire nous le voyont recueilli par un vieillard misanthrope, Ursus, son loup, Homo, et Dea, une orpheline aveugle. Nous est décrite la vie de saltimbanques de ces personnages, jusqu'à un événement inattendu qui bouleversera la vie de Gwynplaine. Je vous laisse découvrir la suite par vous-même.
L'ambiance générale du roman est assez sombre. Mort et misère sont présentes dès les premières pages, avec notamment l'excellent passage où Gwynplaine tombe face à face avec un pendu. Ce qui frappe est également le rapprochement constant joie/laideur qui est présent tout au long du récit. L'affreux sourire du héros en est bien évidemment symbolique, mais aussi l'opposition entre ce sourire et ses pensées, l'expression de ses sentiments étant gâchée par ce rictus (l'un des passages de la fin du livre est assez parlant pour cela). Ce rapprochement se retrouve aussi dans la description de la société des Lords anglais, splendide en apparence, mais malsaine et pourrie derrière ses merveilles.
Conclusion
De tout ce que j'ai pu lire de Victor Hugo, cet ouvrage est clairement mon préféré. Prenant, sombre, et bourré de détails historiques, il se révelera excellent pour quiconque se sent capable de supporter les longues descriptions et le style assez soutenu de l'auteur.
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