Cinéma : La Chute
Si ce blog a certes été créé pour parler de livres, je pense que certains films qui m'on particulièrement marqué se doivent d'y figurer. La Chute fait partie de ceux-là.Réalisé par Oliver Hierschbiegle et sorti en janvier 2005, cette oeuvre nous conte les derniers instants d'Adolf Hitler et de ses proches collaborateurs dans une ville de Berlin encerclée par les russes au début 1945. En sa plus grande partie, le film est surtout vu à travers les yeux de la secrétaire du dictateur, Traudl Junge, mais aussi pour les scènes se déroulant à l'intérieur de la ville de Berlin d'un jeune garçon embarqué dans la défense de la ville.
L'on a ici affaire à un film lourd et terrifiant. En premier lieu, la majorité des scènes se déroulent dans le bunker du dictateur. Ce lieu froid à la lumière artificielle vacillant au grè des bombes en est grandement responsable. S'y ajoute la colère et la nervosité ambiante, chaque personnage sentant sa fin arriver nous communique ses sentiments. L'on a clairement l'impression d'être à l'intérieur même du bunker. Quand on en sors, c'est pour voir une ville de Berlin livrée au chaos dans un décor apocalyptique, peuplé d'habitants cherchant à sauver leur peau et de fanatiques jusqu'au-boutistes.
Ce fanatisme justement est l'un des éléments les plus terribles du film. L'attitude d'enfants voulant lutter jusqu'à la mort pour leur régime en dit long sur l'efficacité des jeunesses hitlériennes. Pire encore, les offficiers tombant comme des mouches suite au suicide de Hitler, mais surtout, et c'est notamment le cas pour Goebbels, emportant en leur mort leur femme et leurs enfants. La scène où Magda Goebbels empoisonne ses enfants pendant leur sommeil pour leur faire échapper à "un monde sans national-socialisme" est à mon avis l'une de celle faisant le plus froid dans le dos. L'on voit jusqu'à quel point peuvent aller un fanatisme et un nationalisme exacerbés.
Egalement, l'on est totalement dérouté par le comportement d'un Hitler (magistralement interprété par Bruno Gantz), qui confine à l'optimisme absurde au début du film pour tourner à un désespoir paranoïaque dans ses derniers instants. Dans le même ordre d'idées, le comportement de sa compagne Eva Braun montre un apparent détachement total des réalités, la seule chose l'intéressant étant d'être avec son compagnon. Si dans la plupart des films sur cette période Hitler est présenté comme lointain et froid, l'on entre ici dans son intimité, au milieu d'une espèce de folie malsaine. En bref, un film qui est une véritable réussite, qui a le don de mettre le spectateur mal à l'aise comme peu y réussissent.
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