Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Présentation

Samedi 29 mars 2008
18761582.jpgFilm d'animation (2007) réalisé par Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi, Pesépolis raconte la vie de cette dernière, avec en arrière-plan une bonne partie de l'histoire de l'Iran et de ses habitants depuis la Révolution Islamique. Ce film est adapté d'un roman graphique du même auteur ; tout comme dans cet ouvrage, l'on peut y distinguer quatre grandes parties.

La première partie nous conte l'enfance de Marjane Satrapi, née en 1969, dans les dernières années du règne du chah Mohammad Reza Chah Pahlavi. L'on y découvre un Iran moderne, très occidentalisé, aux moeurs libres et en apparence insouciant. Toutefois l'envers du décors est vite dévoilé : une dictature de droit divin ("l'école nous a appris que le chah a été choisi par Dieu" dit la jeune Marjane a ses parents) ne tolérant pas l'opposition politique, enfermant nombre d'opposants (notamment les communistes). Toutefois l'ambiance reste relativement légère, la jeune Marjane étant une enfant particulièrement ... turbulente.

Puis vient la deuxième partie, celle de la Révolution islamique de 1979 et du retour de nombreux prisonniers politiques. Parmi eux se trouve notamment l'oncle de Marjane, Anouche, militant communiste qui voit en cette révolution l'avénement de la liberté pour l'Iran. Il déchantera vite. Il aura une relation privilégiée avec sa nièce, qui la marquera fortement. Puis vient le temps de l'adolescence dans un contexte de dictature des mollah, d'appauvrissement et de guerre contre l'Irak. L'on y voit les Iraniens tenter de vivre leur vie, faisant la fête en cachette, et se procurant sous le manteau des cassettes de musique américaine. Le climat devient de plus en plus lourd, au point que les parents de Marjane, déduisant que le fait que leur fille n'ait pas sa langue dans sa poche pourrait lui attirer des ennuis, décident de l'envoyer en Autriche, a Vienne.

Débute alors la troisième partie. L'expérience de Marjane à Vienne tourne vite au fiasco, la jeune fille vagabondant de logement en logement avant de finir à la rue. Elle y découvre une société au final bien éloignée de la sienne, avec des marginaux "désabusés" alors qu'ils ont tout. Elle y découvre également l'amour ... et surtout ses aléas, qui lui feront bien du mal. Malgré cet aspect sombre, la narration garde toujours un humour jamais déplacé (le contraste entre la vision du petit ami avant et après adultère est mémorable). L'on voit en cette partie du film que la société occidentale est elle aussi loin d'être parfaite, sa liberté et son individualisme n'étant pas sans contrepartie. Tout cela finit en un dégoût qui persuade Marjane de revenir en son pays natal.

Vient alors la quatrième et dernière partie, qui apparait en premier lieu comme une répétition de la deuxième : fêtes clandestines, enseignement pratiquant l'abrutissement idéologique et terreur que font régner les pasdaran (gardiens de la Révolution, apparemment une police politique), le tout avec des scènes parfois d'une certaine dureté. On y voit Marjane Satrapi commencer des études d'arts, se marier et ... divorcer, soutenue en cela par sa grand-mère, femme qui est restée très libre malgré le régime, et dont les conseils et reproches influencent grandement sa petite fille. Les souvenirs s'achèvent finalement sur le retour en occident de Marjane, pour la retouver de nos jours dans l'aéroport pour l'ultime scène.

Un mot notamment sur l'animation et la musique : la première donne un cachet réellement agréable au film, l'utilisation constante du noir et blanc jouant plutôt en sa faveur. Son utilisation, au lieu de "vrais" acteurs, permet notamment de mieux faire passer les émotions et autres éléments abstraits. J'ai notamment particulièrement apprécié la scène du début avec le chah et son fils, animés comme une sorte de marionnette indonésiène, le tout dans un décor très typé persan. La musique vaut également le détour, notamment celle du générique de début, qui est superbe.

par Xuihtecuhtli publié dans : cinéma
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 11 mars 2008
18889952.jpgEtant originaire et habitant dans le Nord (à Lille pour être exact), j'avais quelques appréhensions en allant au cinéma voir ce film réalisé par Dany Boon, me demandant si l'image de ma sacro-sainte région n'y serait pas écornée. Eh bien c'est le sourire au lèvre que j'en suis ressorti, description vous laissant deviner mes sentiments.

Le synopsis part d'une idée simple, exploitant le thème de la rencontre entre deux cultures. Cadre de la Poste de Salon de Provence, Philippe Abrams (Kad Merad) est muté pour faute (disons plutôt "magouille") professionnelle à Bergues, dans le Nord-Pas-de-Calais. C'est la mort dans l'âme qu'il part vers cette région, région dont on lui a dit tant de mal dans le sud. Mais bien vite, le terrible pays des "chetimis" va se révéler particulièrement agréable à Abrams, qui s'y plaira vite. Seule ombre au tableau : faisant croire à sa femme que le Nord est aussi horrible que décrit dans les divers clichés, il s'enfonce dans un confortable mensonge qui se retournera contre lui quand celle-ci décidera de venir vivre avec lui dans le Nord ...

Nous avons ici affaire à un film qui ne laisse pas le spectateur s'ennuyer une seule fois. Particulièrement appliqué à rendre honneur à sa région natale, Dany Boon (à la fois scénariste et acteur dans le rôle d'Antoine, le facteur) expose ses particularités sur un mode comique / touristique : baraques à frite, alcool locaux,  beffrois et maisons à briques rouges se succèdent, omniprésents dans le film. Egalement, il joue beaucoup sur les différents clichés, en particulier dans la scène ou Michel Galabru dans un rôle de "sage qui sait tout" donne une vision proprement apocalyptique du Nord, pays de miséreux nommé "chetimis" où la température descend dans les - 40°C en hiver (sic). Ce décalage clichés / réalité est présent tout le long du film, et donne notamment lieu à une scène hilarante quand la femme d'Abrams vient lui rendre visite dans un Bergues ... original.

Très présent lui aussi, le patois du Nord, mélange de français et de picard dans sa version chtimi. La totalité des personnages du Nord en ont l'accent typique dans ce film. L'on pourra certes arguer que ce n'est pas le cas dans la réalité, l'accent étant dans les faits plus discret et les mots locaux moins utilisés. L'on pourra arguer également que Bergues se situe en zone flamingante et non picardisante. Toutefois Dany Boon n'a jamais eu l'ambition de faire un reportage "ethnologique" sur le Nord-Pas-de-Calais mais bien un film comique. Ce genre de critique n'a donc aucun intérêt. De plus considérer Bergues comme zone uniquement flamande revient à négliger l'importance des mouvements de population ayant eu lieu à l'intérieur du département.

Il n'empêche que les accents sont assez forcés, mais le tout passe bien et donne lieu à des scènes savoureuses ("j'vos appelle pi j'vos dit quoi "). L'on a bien affaire au patois et non au dialecte, ne serait-ce que pour des raisons d'ergonomie - le picard aurait été difficile à comprendre - quoique la scène du vieil homme à la poste montre une personnage s'exprimant quasiment dans la langue picarde, face à un Philippe Abrams ébérlué. Le seul bémol serait peut-être Line Renaud qui, bien qu'elle soit née dans le Nord, parle dans le film un patois qui ne ressemble pas à grand-chose et au verbes conjugués n'importe-comment ("vos avos", le bon terme serait plutôt du type "vos avez", tout simplement).

Ce film fait donc à mon sens un bel hommage au Nord-Pas-de-Calais, but parfaitement réussi de Dany Boon. Le film nous montre de nombreux éléments de la culture locale (le beffroi et son carillonneur) dans une ambiance véritablement agréable, et contribue grandement à réhabilité une région qui souffre souvent d'une image assez négative. On est loin ici du Nord bien plus gris présenté dans un autre très bon film comique, La Vie est un long fleuve tranquille.

In bref, i faut nin hésiter à aler vir chte film. Ch'est un mélanche granmint biau ed'comédie pi d'hommache à not'biau pouayis où qu'i drache nin tant toudi, ou ch'climat l'est nin si fro pi où qu'ch'est gins i sont fin gintis. Si os êtes dech'Nord ou dech' Picardie, os serez charmés. Mi j'éto fin contint après l'séanche.

Si vous n'avez pas compris ... et bien apprenez ! Adé !
par Xuihtecuhtli publié dans : cinéma
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 10 mars 2008
18399773.jpgSi ce blog a certes été créé pour parler de livres, je pense que certains films qui m'on particulièrement marqué se doivent d'y figurer. La Chute fait partie de ceux-là.

Réalisé par Oliver Hierschbiegle et sorti en janvier 2005, cette oeuvre nous conte les derniers instants d'Adolf Hitler et de ses proches collaborateurs dans une ville de Berlin encerclée par les russes au début 1945. En sa plus grande partie, le film est surtout vu à travers les yeux de la secrétaire du dictateur, Traudl Junge, mais aussi pour les scènes se déroulant à l'intérieur de la ville de Berlin d'un jeune garçon embarqué dans la défense de la ville.

L'on a ici affaire à un film lourd et terrifiant. En premier lieu, la majorité des scènes se déroulent dans le bunker du dictateur. Ce lieu froid à la lumière artificielle vacillant au grè des bombes en est grandement responsable. S'y ajoute la colère et la nervosité ambiante, chaque personnage sentant sa fin arriver nous communique ses sentiments. L'on a clairement l'impression d'être à l'intérieur même du bunker. Quand on en sors, c'est pour voir une ville de Berlin livrée au chaos dans un décor apocalyptique, peuplé d'habitants cherchant à sauver leur peau et de fanatiques jusqu'au-boutistes.

Ce fanatisme justement est l'un des éléments les plus terribles du film. L'attitude d'enfants voulant lutter jusqu'à la mort pour leur régime en dit long sur l'efficacité des jeunesses hitlériennes. Pire encore, les offficiers tombant comme des mouches suite au suicide de Hitler, mais surtout, et c'est notamment le cas pour Goebbels, emportant en leur mort leur femme et leurs enfants. La scène où Magda Goebbels empoisonne ses enfants pendant leur sommeil pour leur faire échapper à "un monde sans national-socialisme" est à mon avis l'une de celle faisant le plus froid dans le dos. L'on voit jusqu'à quel point peuvent aller un fanatisme et un nationalisme exacerbés.

Egalement, l'on est totalement dérouté par le comportement d'un Hitler (magistralement interprété par Bruno Gantz), qui confine à l'optimisme absurde au début du film pour tourner à un désespoir paranoïaque dans ses derniers instants. Dans le même ordre d'idées, le comportement de sa compagne Eva Braun montre un apparent détachement total des réalités, la seule chose l'intéressant étant d'être avec son compagnon. Si dans la plupart des films sur cette période Hitler est présenté comme lointain et froid, l'on entre ici dans son intimité, au milieu d'une espèce de folie malsaine. En bref, un film qui est une véritable réussite, qui a le don de mettre le spectateur mal à l'aise comme peu y réussissent.
par Xuihtecuhtli publié dans : cinéma
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

deposer un nom de domaine sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus